28.01.2012

SAGESSE-Note 180

La sagesse vient avec l'age, dit-on.

En ce qui me concerne, l'age est arrivé  tout seul.

Quand je me retourne et que je scrute l'horizon, je vois au loin cette aimable sagesse, tout essouflée, qui court sans pouvoir me rattrapper et il me désole de n'être pas capable de rallentir le pas.

N'ayant plus la jeunesse pour compagne, je me retrouve seul à courir comme un dératé pour fuir, non pas la sagesse que je trouve si belle et séduisante, mais cette vieille toute ridée et méchante qui se cache derrière elle et qui se nomme la vieillesse.

Je me console dans cette maxime de La Rochefoucauld:

"Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples."

Vu les mauvais exemples que je prodigue à foison, je me dis que je ne suis pas encore un vieillard, mais cependant moi aussi je commence à m'essoufler...

Allons, un peu de courage, la sagesse, j'arrive à la borne où je vais m'asseoir pour t'attendre, et nous finirons le chemin ensemble, au bras l'un de l'autre.

Quel beau couple nous ferons!

 

22.01.2012

Dimanche 22 janvier 2012

Journée de repos toute consacrée à l'étude, à l'écriture et à la musique car pour moi le repos c'est rester chez moi à vaquer à diverses occupations, sans plans bien définis, à me plonger dans certaines de mes passions.

Je suis quand même sorti de chez moi, ce matin, pour aller à une réunion d'étude de la Bible dont le texte de base était tiré de Luc 5:10, "A partir de maintenant, ce sont des gens que tu prendras vivants".

Aujourd'hui encore, je me suis délecté de la musique sublime de Franz Schubert, spécialement ses impromptus, étudiant l'origine populaire de certaines de ses mélodies, y retrouvant la trace de nombreux ländler entendus et notés par le compositeur au cours de ses promenades dans la campagne viennoise. Je me suis rappelé une soirée champêtre avec ma famille à Grinzing, le Montmartre viennois, arrosée dans le jardin d'une auberge du petit vin blanc du village et dégustant à pleines dents un porcelet roti, au son d'une musique qui n'avait rien d'une marche funèbre... Pourtant, une heure auparavant, j'avais trainé ma famille à Heiligenstadt pour voir la maison où Ludwig Van Beethoven avait écrit son célèbre Testament d'Heiligenstadt, un pélérinage rêvé depuis ma jeunesse. Là, à Grinzing, la musique était plutôt "à boire", ce que nous avons fait comme le fit ce noceur de Schubert lors de ses célèbres schubertiades avec ses copains de franche-lippée. Les lippées furent abondantes pour mes grailleurs de mômes, et nous avons bu, bu, mangé, mangé, et chanté comme de véritables viennois... J'ai dû faire confiance à la voiture pour retrouver le chemin et redescendre sur Vienne sans encombre...

OBJECTIVITÉ-Note 179

Dans quelle mesure peut-on croire tout ce que j'écris à mon sujet?

Voici une base de réflexion qui vous permettra de pouvoir en juger sans risquer de vous tromper. Il s"agit d'un extrait de la préface que Jean-Jacques Rousseau écrivit pour ses Confessions, intitulée "Préambule du Manuscrit de Neuchâtel":

"Nul ne peut écrire la vie d'un homme que lui-même. Sa manière d'être intérieure, sa véritable vie n'est connue que de lui ; mais en l'écrivant il la déguise ; sous le nom de sa vie, il fait son apologie ; il se montre comme il veut être vu, mais point du tout comme il est. Les plus sincères sont vrais tout au plus dans ce qu'ils disent, mais ils mentent par leurs réticences, et ce qu'ils taisent change tellement ce qu'ils feignent d'avouer, qu'en ne disant qu'une partie de la vérité ils ne disent rien. Je mets Montaigne à la tête de ces faux sincères qui veulent tromper en disant vrai. Il se montre avec des défauts, mais il ne s'en donne que d'aimables ; il n'y a point d'hommes qui n'en aient d'odieux. Montaigne se peint ressemblant mais de profil. Qui sait si quelque balafre à la joue ou un œil crevé du côté qu'il nous a caché, n'eût pas totalement changé sa physionomie. "

J'adhère totalement à ce diagnostique, bien conscient que je ne dévoile pas toutes les "balafres" de ma personnalité.

A vous d'imaginer la face cachée de mon visage.

08.01.2012

Dimanche 8 janvier 2011

"Hommes savants dans l'art de feindre,

Qui me prêtez des traits si doux,

Vous aurez beau vouloir me peindre,

Vous ne peindrez jamais que vous."

Ces quelques vers sont de Jean-Jacques Rousseau.

Pourquoi commençai-je la relation de cette journée, à l'aube de l'an neuf, par ce petit poème qui peut sembler insignifiant? Uniquement parce que je le trouve beau, bien écrit, bien rythmé, que j'en aime la subtilité et que cela me semble suffisant pour vous le faire connaître et m'en servir ainsi de préambule à cette année 2012 qui marquera le 300ème anniversaire de la naissance du grand écrivain.

Je viens de commencer la lecture de ses "Confessions" et je compte bien rassembler ici les quelques joyaux que que j'aurai le plaisir d'y trouver.

2011 fut l'année Franz Liszt et j'en ai profité pour approfondir certaines oeuvres de ce génie du XIXème siècle telles que "Les Années de Pélérinage".

2012 sera aussi l'année Claude Debussy (150ème anniversaire de sa naissance). J'adore ce compositeur qui, pour moi, est l'incarnation de la terre où j'ai grandi et dont je me suis nourri, l'Ile de France.

Cette année, comme toute ma vie le fut jusqu'à présent, sera placée sous le signe de la lecture.

 Je viens de terminer "Freedom", le livre déprimant de Jonathan Franzen; pourquoi déprimant? parce qu'il dépeint si bien cette société américaine si quelconque, si vulgaire et si vide d'idéal et de culture qui, malheureusement est en train de déteindre sur la vieille Europe, qu'il n'en reste au lecteur sensible que le goût amer de la désolation.

 J'ai repris, en parallèle aux "Confessions", la lecture des "Mémoires" du duc de Saint Simon ainsi que la" Recherche du Temps Perdu" de Marcel Proust.

 Attendez-vous donc à ce que je vous ennuie avec tout cela au cours de cette année.

27.11.2011

POURQUOI CE BLOG-Note 178

"Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé ça et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils."

Ce sont ces fruits vermeils, souvenirs, poèmes, réflexions, notes, que j'ai désiré mettre dans ce blog.
Il est grand-temps, car depuis quelques années déjà j'éprouve le besoin de m'asseoir au bord du chemin, de regarder le ciel, d'aller à contre-sillons et de redécouvrir toutes les mottes oubliées, les nombreuses pierres écartées d'un revers de soulier, de piétiner la glèbe desséchée et d'atteindre la lisière d'où je suis parti.

"Voila que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux."

J'y mets également des fleurs nouvelles: nouvelles poésies, nouveaux portraits ou récit, nouvelles réflexions, nouveaux billets d'humeur ou de bonheur, etc...

"Et qui sait si ces fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?"

Je le crois! Ce sera un moyen de lutter contre le temps qui coule inexorablement et de combattre l'Ennemi qui se trouve en chacun de nous.

"O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!"

Voici donc l'objet de ces propos qui ont la forme de séquences courtes, de souvenirs, de portraits, de récits succincts, cherchant à éviter l'ennui engendré par l'autobiographie d'un être de l'ombre.

Ces fruits anciens et ces fleurs nouvelles permettent à ceux que j'aime de mieux me connaître, et à ceux qui ne me connaissent pas encore à en venir, peut-être, à m'aimer un peu...

(Le poème cité est de Baudelaire: L'Ennemi, dans Les Fleurs du Mal)

LE SABLIER-Note 177

Je compare souvent ma vie à un sablier dont les grains s'écoulent inexorablement vers l'ampoule inférieure.
Jacques Attali, grand collectionneur de sabliers, use de la même métaphore avec talent:
"Je vois la vie comme un sablier dont l'ampoule supérieure est opaque, on ne sait pas si le grain qui est en train de tomber est le dernier."
Quant à moi, lentement, s'impose à mon esprit la désagréable certitude qu'il ne me reste que peu de grains dans l'ampoule opaque. Je n'ai pas l'obsession du dernier grain, mais, comme je l'ai fait à chaque instant de ma vie, je profite pleinement de chaque grain qui s'écoule comme s'il était le dernier.

01.11.2011

MA VIE-Note 176

Roland Barthes conclût son discours inaugural au Collège de France par ces paroles:
"Sapienta : nul pouvoir, un peu de sagesse, un peu de savoir et le plus de saveur possible"
Si je devais résumer toute ma vie jusqu'à ce jour, je crois que je ne pourrais trouver meilleure formule.
Savoir...saveur...
Saveur surtout...

22.07.2011

MEGARA

Vendredi 22 juillet 2011:

Encore sous le charme de mon dernier voyage au pays de Salambo, je repense à ma promenade solitaire parmi les ruines puniques de Carthage.
Il me plait donc de relire et publier ce poème qui me fut inspiré par la première phrase du célèbre roman de Flaubert qu'un de mes professeur disait être la lus belle de la langue française:
"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar."

Je foule enfin ton sol, Mégara la fertile,

Et je comprends pourquoi

Hamilcar a choisi cette plaine tranquille

Pour poser son carquois.

 

Les jardins que je vois ne sont pas différents,

Du moins je l'imagine,

De ceux de ce grand roi dont parle le roman

A la phrase sublime.

 

Je plonge tout à coup à l'époque romaine,

Entouré dans Mégare

Des bataillons glorieux animés par la haine

De l'empire barbare.

 

Au coté de leur chef, le petit Hannibal,

Du vainqueur digne fils,

S'impatiente déjà, comme un jeune cheval

De bondir dans la lice.

 

Mais voici que surgit le rêve le plus beau,

Dans ces jardins magiques,

Car je vois devant moi la belle Salambô,

Cette beauté punique.

 

Et c'est  à Mégara, au dessus de Carthage,

Que s'accomplit enfin

Ce rêve de jeunesse, aux confins de mon âge,

Au pays maghrébin.

(Hammamet, le 11 juin 2009)

17.07.2011

TUNISIE

17 juillet 2011.

Je suis de retour de quatre jours de travail en Tunisie, quatre jours que mes collaborateurs, qui sont devenus des amis, ont trans formés en quatre jours de fête, avec leur gentillesse naturelle et leur hospitalité généreuse et sans faille.

Voici pour toi, Hela, toi dont je viens de lire un si beau poème, celui que j'ai écrit avant de découvrir ton si beau pays:

Tunis

Je viens à toi, Tunis,

Moi, le vieux baroudeur.

Seras-tu l'oasis,

Ma source de fraîcheur?



Boirai-je à Mégara,

Ce faubourg de Carthage,

Des verres de Boukha

Qui tourne tête au sage?



O toi, fille d'orient

Superbe et déhanchée

Tu brilles au firmament

De mes rêves cachés.



Ne déçois pas l'espoir

Qui anime mon coeur,

Moi qui accoste au soir

Où l'on compte les heures.

26.05.2011

Retour?

Chers amis,

Un récent commentaire m'a redonné le goût d'écrire sur ce blog.
Malgré le peu de temps que me laissent le travail et les voyages, je vais m'efforcer de revenir vers vous.
A très bientôt donc!
Cordialement
Pierre