27.05.2009
CONCOURS REINE ELISABETH-Note 14
Concours musical "Reine Elisabeth de Belgique".
Un univers ignoré de l'Univers.
Un petit peuple à l'écoute de la musique, qui en vibre durant tout un mois alors que les grandes nations voisines, imbues de leur mélomanie, restent totalement ignorantes de ces palpitations.
En tête des fans de ce concours, la monarchie d'opérette des Saxe-Cobourg, une de ces monarchies qui font tant rêver les français qui n'ont jamais digéré d'avoir trucidé leur Louis XVI.
Je suis contre le principe de ces concours; l'art n'a que faire des médailles et des assiettes de quelque métal que ce soit, mais il parait que l'on ne peut pas faire carrière sans passer sous ces fourches caudines. Le Concours Reine Elisabeth, comme on l'appelle, nous a quand même lancé Yéhudi Menuhin ou Léonid Cogan pour n'en citer que deux. Ce concours fut d'ailleurs créé par un grand artiste, Eugène Isaïe et par Elisabeth, cette princesse bavaroise, mélomane et violoniste elle-même, qui devint reine des Belges au bras du célèbre roi Albert 1er.
Alors quoi?
La finale dure une semaine, le temps qu'il faut pour départager douze lauréats de très haut niveau, virtuoses indiscutables, à raison de deux concurrents par soirée. Chacun doit présenter, devant un jury international composé d'artistes et professeurs confirmés, une sonate de son choix, un concerto imposé, oeuvre inédite composée pour la circonstance, et un concerto également de son choix.
Seront-ils, pour autant, au sortir de cette épreuve, des musiciens ayant assez de souffle et de génie pour faire une carrière internationale, des musiciens capables d'insuffler la vie aux grandes oeuvres, assurant ainsi leur pérennité?
Les grandes oeuvres...
Quel est leur avenir, à ces grandes oeuvre que nous vénérons aujourd'hui? Qui aime encore ce que les mélomanes du XVème siècle goûtaient comme de grandes oeuvres?
J'ai peur pour vous tous, mes amis si fragiles, Couperin, Lully, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert... Si notre siècle s'est laissé envahir de tam-tam et d'électronique, alors qu'en sera-t-il de vous et de vos compagnons de fortune dans trois cents ans?
Précarité de tout ce qui vit, de tout ce qui est beau, noble.
Permanence de tout ce qui est vil, médiocre, vulgaire, petit.
Je hais la roture de l'esprit et du coeur.
Alors, merci au Concours Reine Elisabeth-de-Belgique d'exister, pour la survie de mes amis.
(Écrit à Bruxelles, le 7 juin 2003, à la terrasse du Mini-Louise)
09:33 Publié dans Chroniques de Bruxelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : idées en vrac




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