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19.11.2007

TOCCATA DE LA Véme SYMPHONIE DE C.M. WIDOR-Note 90

toccata - Pierre Pincemaille
Vidéo envoyée par midu92

Ecoutez cette toccata et vous comprendrez l'émotion croissante qu'Antoine et Françoise ressentirent, ce soir là,faisant jaillir l'étincelle d'amour qui devait les enflammer par la suite.

18.11.2007

UNE RENCONTRE A POTSDAM-Note 88 (Suite n° 3)

La Friedenskirche se trouve au bas du magnifique parc de Sans-Souci, succession de terrasses et de petits jardins plus ou moins secrets qui descendent en pente douce depuis le château qui lui a donné son nom jusqu'aux abords de la ville. Jolie basilique imitée de celles des premiers temps du christianisme, plus spécialement de Saint Clément de Rome, elle se reflète dans l'eau calme et paisible d'un petit étang, serti dans un écrin de verdure.

Avant de s'installer dans l'édifice, Antoine entraîna Françoise dans une courte promenade bucolique autour de la pièce d'eau, où ils purent admirer la colonnade et le dôme du Mausolée abritant les gisants de quelques empereurs prussiens, dont Frédéric III, au coté de son épouse.

Il se sentait bien avec cette jeune femme attentive aux beautés de la nature et respectueuse du silence de ce site paisible. Peu de paroles, et déjà une certaine connivence.

Avant de s'installer au centre de la nef, Antoine, en dépit des protestations outrées de sa compagne, prit deux chaises qu'il retourna vers le fond de l'église où trônait, sur une galerie au dessus du porche, le magnifique buffet des grandes-orgues.

-Antoine, que vont penser les gens? Il est mal vu, chez les germains, de se singulariser de la sorte...

-Si quelqu'un doit s'en émouvoir c'est le dieu qui est censé se trouver ici, derrière nous, mais je le crois au dessus de ces considérations d'étiquette; il comprendra que nous sommes ici pour écouter et applaudir un organiste de renom. Quand à l'assistance, je suis certain qu'elle va nous imiter... a-t-on déjà vu un auditoire tourner le dos, avec irrespect, aux artistes qui se produisent pour son plaisir?

En effet, il fallut peu de temps avant qu'un brouhaha de chaises, traînées sur le dallage sonore de l'église, donne raison au jeune homme ravi d'être le meneur de cette fronde iconoclaste. Curieux spectacle que celui de cette foule assise tête bêche, certains, en effet, s'obstinant à regarder en direction de l'invisible Tout-Puissant.

L'artiste, un russe, Alexander Fiseisky, débuta le programme par le "Prélude et Fugue en mi bémol majeur" de Bach. Antoine aurait préféré sentir vibrer les voûtes de la basilique sous les flots sonores de la Grande Toccata et Fugue en ré mineur, mais il ne fut pas déçu lorsque l'organiste, achevant le concert par la cinquième symphonie de Widor, se déchaîna avec fougue et impétuosité dans la célèbre Toccata, point final de l'oeuvre, cette cathédrale sonore, cette avalanche majestueuse d'harmonies, ce déferlement tempétueux de notes scintillantes, dont on se demande comment cela a pu jaillir de l'esprit d'un homme. 

Et, lorsqu'après le passage médian, pianissimo, tout en sourdine, l'interprète plaqua, avec puissance, les accords fortissimo, et, pressant de ses pieds les pédales des basses, reprit, en apothéose, le thème central de la toccata dans des sons si graves qu'ils semblaient issir des entrailles de la terre, Antoine, ébloui, s'imagina voir s'ouvrir lentement, au dessus de lui, les lourds portails des cieux, tandis que Françoise, transportée devant tant de grandiose beauté, lui prit la main qu'elle pressa fortement, comme pour lui transmettre l'intensité de son émotion.

(à suivre)    

 

 

 

 

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07.11.2007

Bach - Toccata et Fugue BWV 565- Note 89

BACH un sommet? L'audition de cette oeuvre célèbre entre toutes ne nous élève-t-elle pas vers les plus hautes cimes de l'esprit, du coeur, d'une grandiose et pure beauté? Bonne ascension!

05.11.2007

UNE RENCONTRE A POTSDAM-Note 88 (Suite n° 2)

-Vous aimez la musique à ce point, Françoise, que vous ayez fait tant de chemin pour venir écouter un récital d'orgue dans ce coin reculé du Land de Brandebourg? Êtes-vous musicienne?

-Je suis musicologue et je joue du piano en amateur, c'est vous dire si la musique fait partie de ma vie. Quant à ma présence ici, elle est due à un séjour d'une semaine à Berlin où je suis invitée à donner une série de conférences.

-J'ai aimé votre manière de désigner Bach comme étant un sommet. Je le considère également ainsi, le sommet auquel ont abouti toutes les musiques des siècles qui l'ont précédé et duquel se sont envolées toutes les écoles musicales, jusqu'à nos jours. Pour rester dans cette métaphore de montagne, sans Bach, par exemple, aurions-nous le bonheur d'écouter la Symphonie Alpestre de Richard Strauss?

-Je vois Antoine que vous avez une bonne culture musicale... Êtes-vous musicien vous-même?

-Hélas non! Ce fut le désir de ma jeunesse, mais la vie en a décidé autrement... peut-être que ma vocation n'était pas assez authentique pour me donner la force de la museler, cette vie, et de devenir le soliste ou le compositeur que je rêvais d'être un jour... Je ne suis que journaliste et j'écris des romans avec un certain succès, mais je considère la littérature comme un art mineur à coté de l'art musical et, tout comme Nietzsche, compositeur manqué, lui aussi, je ne pourrais pas vivre sans musique...

-Mais le temps passe, Antoine, il nous faut y aller, car je ne connais pas le chemin de la Friedenskirche.

Antoine remarqua, avec émotion, le "nous" qu'elle avait utilisé.

-Je connais le chemin..., c'est tout prés d'ici. Vous m'accorderez donc le plaisir de vous tenir compagnie?

-Mais bien sûr! Cette conversation demande à être poursuivie...

-Je suis certain que nous avons beaucoup de choses fort intéressantes à nous dire, Françoise... 

Antoine héla d'un geste la serveuse qui, virevoltant parmi les tables de la terrasse, faisait voltiger ses longs cheveux noirs sur un avantageux décolleté; la peau de son visage, comme celle de sa poitrine, était d'une matité qui tranchait sur la blancheur et la blondeur ambiante .

-Une émigrée turque, certainement...Bezahlen, bitte!

L'addition réglée, les deux jeunes gens parcoururent allègrement la très belle allée rectiligne qui menait de la Luisenplatz à la porte du parc près de laquelle se trouvait l'église de la Paix.

  

 

04.11.2007

UNE RENCONTRE A POTSDAM-Note 88 (Suite n° 1)

A peine leurs consommations commandées, Antoine s'enhardit à nouveau, mais s'efforçant, cette fois-ci, de maîtriser son discours. Il discernait, dans le maintien et le regard de cette jeune femme, une forte personnalité intellectuelle, une aristocrate de l'esprit, riche d'une noblesse de coeur peu commune. S'il lui était facile, en effet, d'entamer et de poursuivre une conversation avec une inconnue, il désirait, en la circonstance, se placer à un niveau supérieur, évitant les banales platitudes d'usage, obéissant à un désir confus de plaire d'emblée à son interlocutrice, de la séduire même, par la qualité de son propos.

-Quel bon vent a poussé cette jolie française à Potsdam?

-L'amour de la musique de Bach. Et vous?

-Le même amour, Madame, avec en toile de fond le besoin de m'immerger dans le cadre où se développa cette amitié sulfureuse qui unit ces deux grands esprits que furent Frédéric II et Voltaire et dont ma jeunesse fut nourrie. Vous allez donc à la Friedenskirche tout comme moi...

-En effet, Monsieur. En cette saison, il n'y a pas de concert digne de ce nom à Berlin; ce récital d'orgue est le seul que j'aie pu trouver et je m'en félicite, car Bach est un sommet qu'il me plaît de gravir aussi souvent qu'il se peut.

-Sentez-vous libre de m'appeler Antoine, Madame; cette liberté sympathique, ne portera pas ombrage, je le crois, à la dignité de notre rencontre.

Le jeune homme fut content de cette formule quoique la trouvant, peut-être, un rien pompeuse, sentant quelque peu son dix huitième siècle, dépourvue de naturel. "N'en fais pas trop", pensa-t-il.

-Alors, dans ce cas, appelez moi Françoise.

La serveuse déposa, devant Françoise, la classique tasse de thé que toute femme distinguée se doit de prendre à cette heure et, devant Antoine, une coupe de cette célèbre Berliner Weisse, une bière de froment, légèrement amère, agrémentée d'une rondelle de citron.

(à suivre)

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