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31.05.2008
JOURNAL-Note 106
Samedi 31 mai 2008
Comme cela passe vite, une semaine!
Comme cela passe vite, la vie!!!
Ces trois points d'exclamation ne sont pas une erreur; dans la Bible, le chiffe trois est un symbole d'intensité, et je pense intensément que la vie passe bien trop vite pour faire tout ce que j'ai envie de faire.
Au sujet de ces points d'exclamation, je trouve que beaucoup de gens ont tendance à négliger la ponctuation; il est même question de supprimer le point-virgule... et dire, selon Jacques Drillon, dans son célèbre traité de la ponctuation française, qu'il y a cent quarante cas d'emploi de la virgule... La ponctuation est indispensable à la compréhension, à la respiration et au rythme du texte. D'autre part, un signe bien placée permet d'éviter la confusion et l'ambiguïté. En voici un exemple:
Les évangiles ont été écrit dans un grec qui, à l'époque, était dépourvu de ponctuation. On pouvait donc lire, dans l'évangile de Luc, cette parole du Christ à l'un de ses deux voisins de supplice:
"Vraiment je te le dis aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis"
Les traductions modernes utilisent la ponctuation et en choisissent l'emplacement. La plupart de ces traduction rendent ce texte de cette manière:
"Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis" (traduction Segond).
D'autres versions mettent la ponctuation à un autre endroit:
"Vraiment, je te le dis aujourd'hui: Tu seras avec moi dans le paradis" (traduction Watch Tower Society).
Si on lit ce texte à haute voix, on comprend que le sens est différent d'une version à l'autre. Pour le connaisseur de la Bible, il est évident que la deuxième solution est la bonne, car le Christ n'est pas monté au ciel le jour même de sa mort; le malfaiteur auquel il s'adressait ne pouvait donc pas y être avec lui "aujourd'hui".
Le signe de ponctuation sert aussi à souligner des nuances, à faire passer des sentiments, comme ces points d'exclamation dont j'ai usé au début de cet écrit.
Je trouve, quant à moi, que notre langue est pauvre dans le domaine de la ponctuation; j'aimerais que l'on invente de nouveaux signes pour souligner la force de certains états d'âme. Pourquoi ne pas imaginer un point d'intensité, un point de doute, un point de désespoir, de douleur, de tristesse, de dérision, d'optimisme, d'humour et, surtout, un point d'amour...?
Donc, je disais que cette semaine est passée comme une fusée.
Les personnes qui trouvent le temps long sont celles qui n'ont rien à faire, dont la vie est dépourvue d'objectifs, d'intérêt, ou qui doivent accomplir des choses pesantes, désagréables, écrasantes même; c'est, aussi et surtout, le cas pour celles qui traversent des périodes de souffrance.
En ce qui me concerne, le désoeuvrement ne fut pas mon lot, cette semaine.
Voyons, par où commencer?
Oh! Le jour se meurt et il est temps de se reposer. Ce sera donc pour demain.
Comme cela passe vite, une journée!
18:45 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.05.2008
JOURNAL-Note 105
Semaine riche en événements.
Mardi, par une belle journée ensoleillée, mariage de Laura avec Ouissam, à la Maison Communale d'Ixelles. La cérémonie fut agréablement célébrée par l'échevine, Dominique de Fourny, toute en sourires, gentillesse et simplicité, dans cette belle salle des mariages qui, en 1830, était le salon de musique de la Malibran. Après une séance de prise de photos au Parc Royal, déjeuner au soleil dans la rue des Bouchers, dont la qualité fort médiocre des restaurants à touristes est compensée par le caractère pittoresque de cette petite rue bruxelloise haute en couleurs; le jeune marié, libanais, voulait absolument goûter les fameuses moules belges, bien que cela n'en fût pas la saison.
Mercredi matin, j'ai vu, devant moi, une jeune fille d'environ quinze ans se faire percuter par une moto. Gamine imprudente qui traversait la Chaussée de Waterloo, courant entre les voitures à l'arrêt, et qui s'est littéralement jetée devant le pauvre motocycliste qui ne put rien éviter et se retrouva lui-même au sol. Spectacle dramatique! Je ne peux plus passer par cet endroit sans y penser. Combien de milliers de vies sont ainsi fauchées, chaque jour, par les ferrailles du modernisme...
Accompagné, vendredi, Laura et son mari à l'aéroport, heureux de retourner vers leur cher Liban, après un mois d'absence.
A propos du Liban, cette semaine, à Doha, les belligérants de cette malheureuse nation se sont assis, à la même table, pour conclure un accord sur l'avenir du pays et désigner, demain dimanche, le général Sleimane comme leur président. Le peuple se réjouit de la paix qu'il croit retrouvée.
On apprend également que juifs et syriens sont assis, à la même table, pour trouver une solution à leurs différents décennaires, et l'on se prend à imaginer la paix enfin rétablie dans cette région en feu.
Hier, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est assis à la même table que le généralissime Than Shwe qui a fini par autoriser les organisations humanitaires à entrer en Birmanie pour porter assistance aux millions de sinistrés du cyclone qui a dévasté ce pays.
N'est-il pas encourageant de voir cette bonne volonté affichée par ces personnages que tout opposait jusqu'à présent?
Non!
Quand on est conscient des enjeux, des intérêts et des idéologies, fondamentalement opposés, de toutes les parties en présence, on ne peut que douter de la sincérité de leur attitude. Il me revient à l'esprit une ancienne prophétie qui parlait des négociations de paix des politiciens d'une époque que le prophète biblique, Daniel,appela "le temps de la fin"; il annonça, mettant en scène les deux puissances mondiales de ces temps futurs:
" Et en ce qui concerne ces deux rois, leur cœur sera porté à faire ce qui est mauvais, et à une même table ils continueront à proférer le mensonge. Mais rien ne réussira..."
Ce qui est sous-tendu par le mensonge et l'hypocrisie finit toujours par échouer, j'en veux pour preuve les milliers de traités de paix qui ont été violés depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Il faut être bien naïf pour croire encore en la sincérité et en l'intégrité des politiciens ou des dirigeants de ce monde qui s'asseyent à la même table pour parler de paix.
00:25 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2008
JOURNAL-Note 104
Dimanche 18 mai 2008
Reprise de ce journal, après plusieurs jours d'une extinction de voix, une extinction d'esprit, une atonie intellectuelle qui ne manque pas de me préoccuper, sans plus. L'essentiel n'est-il pas de retrouver la voix, la voie?
Que n'ai-je l'inspiration débordante d'un Bach ou d'un Heidegger?
Pourquoi cité-je ces deux créateurs, plutôt que bien d'autres tout aussi prolixes? C'est que je viens d'écouter, à l'instant même, le concerto en ré mineur pour deux violons de J.S. Bach, après avoir, auparavant, écouté un "podcast" de la Sorbonne sur le thème "Heidegger était-il nazi?".
Fort intéressant cet exposé d'Emmanuel Faye, auteur du livre "Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie". J'y ai appris que l'oeuvre de ce non-philosophe, dont seulement soixante pour cent est traduite en français, couvre plus d'une centaine de tomes. Pourquoi "non-philosophe"? Ses idées ne sont-elles pas la négation de la philosophie? N'a-t-il pas écrit lui même que la philosophie était morte avec Nietzsche? Peut-on, comme on le fait en France, étudier Martin Heidegger en ignorant volontairement sont engagement, de corps et d'esprit, dans le parti national socialiste d'Adolphe Hitler? Peut-on appeler philosophe celui qui enseigna comme idéal la domination de la race allemande et qui prôna la destruction de ce qu'il appelait "l'ennemi intérieur", c'est à dire le juif? Ne doit-on pas dénoncer comme coupable de "crime d'idées", (l'expression est de Roger-Pol Droit), celui qui dans son cours de l'hiver 1933-1934, a enseigné le principe de domination raciale et "l'extermination totale de l'ennemi greffé sur la racine du peuple"?
A propos de juif, je suis plongé dans la lecture du livre de Charles Enderlin, "Par le feu et par le sang" qui retrace le combat clandestin pour l'indépendance d'Israël dont on célèbre actuellement le soixantième anniversaire. Elle est riche d'enseignement, cette histoire qui m'est contemporaine et dont les images, vues aux actualités cinématographiques, comme on les appelait à l'époque, me sont restées gravées dans la mémoire. Ces soixante ans de feu et de sang n'incitent guère à l'optimisme.
Pour revenir au caractère intermittent de ce journal, il ne suffit pas de retrouver sa voix, il faut aussi avoir le temps de chanter. Oui, je sais, quand on n'a pas le temps il faut le prendre...
18:20 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.05.2008
JOURNAL-Note 103
Samedi 10 mai 2008
Enfin, un court moment de répit pour reprendre ce journal. D'ailleurs n'est ce pas le propre des journaux, intimes ou non, d'être laissés en plan de temps à autre; cette respiration que l'on s'accorde nous évite de choir dans la banalité du quotidien. Oh! la belle excuse que je viens là de trouver à ma paresse...
Aprés bien des recherches, j'ai mis le doigt sur un texte d'André Breton que Jean Verdun a cité dans la conférence dont j'ai parlé précédemment ( journal du 28 avril). J'avais trouvé cette idée remarquable que Breton a énoncée au début du "Second manifeste du surréalisme":
"Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement."
Quel est donc ce point dont Breton à parlé en d'autres occasions comme du "point sublime"?
Je crois que chacun doit le déterminer pour lui-même et surtout y tendre, tenant compte de ce que Breton précisera plus tard:
"J'ai parlé d'un certain « point sublime » dans la montagne. Il ne fut jamais question de m'établir à demeure en ce point. Il eût d'ailleurs, à partir de là, cessé d'être sublime et j'eusse, moi, cessé d'être un homme. " (« L'Amour fou », p.171).
A creuser...
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