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01.06.2008
MEME LES PRESIDENTS DE LA REPUBLIQUE FONT DES FAUTES DE FRANCAIS-Note 107
Il me revient avoir entendu, cette semaine, une déclaration de Nicolas Sarkozy, faite lors de son voyage en Pologne:
"L'amitié, ce ne sont pas des mots, l'amitié, ce sont des décisions."
Pour représenter correctement la France il faut commencer par utiliser correctement la langue française.
Dans l'usage qu'en fit le Président, "amitié" est un nom commun singulier, individuel et non collectif. Il fallait donc, pour parler correctement, dire:
"L'amitié, ce n'est pas..., l'amitié, c'est..."
Cela me rappelle une anecdote vécue en 1974.
Je venais d'être amnistié par le président Giscard d'Estaing, nouvellement élu, d'une condamnation pour insoumission à la loi sur le recrutement de l'armée. Après quatorze ans d'exil, je retournai, en France, voir ma famille; ma première visite, à Paris, fut pour ma tante Suzy et mon oncle Pierre que j'aimais beaucoup.
Mon oncle était instituteur, dans une école communale, à Suresnes. Respecté de ses élèves, il avait un visage sévère, une longue blouse grise, le style très "troisième république", comme le père de Marcel Pagnol. Nous parlâmes évidemment du président qui venait de m'amnistier et, dans le cours de nos propos, mon oncle me dit qu'il avait entendu Giscard faire une faute de français. Recevant des journalistes, il leur aurait dit:
"J'aurais espéré que vous veniez plus nombreux".
Mon oncle fit une pause et me regarda, de l'oeil de l'examinateur qui interroge un potache à l'oral, s'attendant à ce que je relève la faute. Devant mon air bête et ma bouche coite, il enchaîna:
"Il aurait dû dire: j'aurais aimé que vous vinssiez".
Admiratif, je me dis que dans tout ce qui, en France, "fout le camp", il y a aussi la concordance des temps et l'usage du subjonctif qui l'accompagne.
Notre langue est aussi belle que complexe. Belle parce que complexe ou complexe parce que belle?
Comme pour les femmes, ayant du mal à la maîtriser et à en comprendre toutes les subtilités, nous la heurtons et la blessons bien des fois.
Paraphrasant la déclaration de Schiller, "les dieux eux-mêmes, luttent vainement contre la bêtise", je suis tenté de dire que les présidents de la République, eux-même, luttent vainement contre les fautes de français.
18:25 Publié dans Chronique du langage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
Alors là, avec Sarko, s'il faut relever les fautes de français,
y a du boulot !!!
Ecrit par : totolezheros | 01.06.2008
les trois dernières lignes sont très drôles, bravo!
Ecrit par : Muriel | 06.06.2008
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