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14.07.2008
VOYAGE AU NIGERIA-Note 112
En route pour l’aventure.
Demain matin, je m’embarque, à l’aéroport d'Amsterdam, pour Lagos, au Nigéria.
Je vais enfin retrouver l’Afrique que j’aime, et retrouver l’aventure.
Chacun de mes séjours sur le continent noir m’a réservé sa part de surprises, d’imprévus, de découvertes inimaginables, de coups de théâtre, de risques aussi, affrontés toujours avec mesure, mais jamais sans frémissements.
Selon Claude Lévi-Strauss, " l’aventure n’a pas de place dans la profession d’ethnographe ".
Je ne fais pas profession d’ethnographes, mais cette science me passionne.
Je ne suis pas non-plus un aventurier, au sens péjoratif de ce terme qui désigne la tête brûlée qui se lance dans n’importe quel projet, n’importe où et avec n’importe qui, par appât du gain ou par dépit d’une vie ratée, faisant fi du danger, des principes, des individus, parcourant le monde dans tous les sens et dont on retrouve parfois le cadavre dans un coin perdu de la planète.
Je suis un aventurier au sens noble du terme; il me plaît de voyager, car je suis assoiffé de découvertes, découverte de l’inconnu, découverte de l'Homme, de sa culture, de son mode de vie, de ses traditions, croyances et coutumes, découverte aussi de son environnement.
Je crois que, sous cet aspect, l’aventure n’est pas incompatible avec l’ethnographie, comme, d’ailleurs, le montrent les récits passionnants de Lévi-Strauss.
C’est la première fois que je vais atterrir dans un pays d’Afrique anglophone, le Nigéria, ancienne colonie de l'impitoyable Empire britannique.
Chaque puissance coloniale a marqué de son empreinte les peuples colonisés.
J’ai retrouvé un peu de la France dans ses anciennes colonies ou protectorats, comme le Tchad, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry ou les pays du Maghreb ; j’ai retrouvé un peu de la Belgique au Congo-Kinshasa.
Tous ces pays sont marqués du vernis de la civilisation des autres, imposée par la force, et dont il ne reste que des écailles à la surface des peuples.
Que vais-je retrouver de l’Angleterre au Nigéria ?
Ce qui m’intéresse, surtout, c’est ce qu’il y a d’authentique sous le vernis, sous les écailles, entre les écailles, mais existe-t-il encore un peu de cet authentique dont les racines plongent dans la nuit des temps ? J’en doute, car je suis pleinement d’accord avec ces remarques de Lévi-Strauss, pour les avoir, à chaque fois, vérifiées moi-même :
" Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante trouble à jamais le silence des mers. "
Le grand ethnologue, ayant constaté la pollution de toutes les cultures et de tous les lieux de culture, jusque dans les coins les plus reculés de la terre, par ce qu’il appelle « cette grande civilisation occidentale », conclut sa démonstration tristement brillante, dans son livre "Tristes tropiques", par cette phrase lapidaire, mais indiscutable hélas :
" Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité."
Avec simplicité, je noterai ce que je verrai de ce pays.
Évitant les " poncifs ", je ne relaterai que le "vécu ".
C’est ce qui fera l’objet de mon journal de voyage.
Je souhaite donc que ce court séjour, au Nigéria, me permette de mêler, avec la plus grande modestie, un peu d'ethnographie à l’aventure, et aussi aux affaires, prosaïquement commerciales, qui en sont le but premier. D’ailleurs, en Afrique, le business, n’est-ce pas déjà de... l’aventure ?
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04.07.2008
SEGOLENE-Note 111
La France contemporaine n'est pas immunisée contre une pandémie, une gangrène qui ronge de plus en plus la politique mondiale; il s'agit de la médiocrité morale des dirigeants de la planète et de leurs rivaux.
Comme je l'ai écrit précédemment, je ne suis ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais du "dessus", comprenne qui pourra! Étant un observateur indépendant de l'histoire de l'humanité en marche, particulièrement celle de mon pays, et vu mon apolitisme chronique, j'ai toute liberté pour parler des politiciens de mon époque, quelle que soit la couleur de leur étendard.
Un exemple frappant des ravages de cette maladie est le comportement de la plupart des barons du parti socialiste français, particulièrement celui de sa "grande prêtresse", Ségolène Royal.
Pendant sa campagne électorale, lors des dernières élections présidentielles, les discours de celle qui porte un si joli prénom médiéval, Ségolène, ne comportaient que des invectives, des critiques grinçantes et des flèches au curare contre son seul concurrent, le chevalier Sarkozy. C'est en vain que je cherchai, dans ses propos, une quelconque trace de son programme. Il était inexistant.
Ses attitudes compassionnelles, les bras ouverts pour accueillir le bon peuple, ses déclarations de commisération et de charité ecclésiastiques la faisaient ressembler à une vierge salvatrice tombée du ciel en terre de Lorraine, réellement pucelle en ce qui concerne l'enfantement d'un programme alternatif.
Ségolène de Domrémy était là pour sauver la France, mais cela n'a pas suffit à la faire élire, saint Nicolas ayant détourné, à son profit, les fameuses voix. La "fille aînée de l'Eglise" lui a donc préféré le petit Satan à talonnettes qui avait, lui, un programme clair et bien structuré et une attitude diaboliquement courtoise vis à vis de la vestale en tailleurs étriqués.
La fessée que lui administra la France ne lui a pas servi de leçon, pas plus qu'à ses frères ennemis, les chevaliers rouges de son parti, dont la cohorte débandée continue inlassablement à critiquer le roi de France et dont le programme semble toujours baigner dans un placenta hypothétique.
Notre amazone, obsédée par l'infatigable Zorro élyséen, vient de mettre le comble à la mesure en récupérant la libération d'Ingrid Bétancourt, l'utilisant, sans vergogne, pour empoisonner sa dernière flèche, osant ainsi souiller, de sa bave royale, la belle fête du Coeur célébrée par toute la nation française.
Quel manque de dignité, de noblesse d'esprit, de grandeur d'âme, de magnanimité!
Quelle mesquinerie! quelle petitesse incurable!
"France, mère des arts, des armes et des lois", tu l'as échappé belle en ne l'élisant pas!
J'étais tenté d'écrire: en ne l'élysant pas...
Au fait, connaissez-vous la signification du prénom Ségolène?
Ségolène est l'association de deux mots issus du germanique, "sieg" qui veut dire "victoire" et "lind" signifiant doux, douce; les wagnériens penseront aussitôt à la "Sieglinde"de La Walkyrie , héroïne d'essence divine, fille du dieu Wotan, dont notre pauvre héroïne hexagonale est l'antipode.
Ségolène signifie donc "douce victoire"...
Pour celle qui n'a toujours pas digéré son "amère défaite", c'est ce qui s'appelle bien mal porter son prénom...
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