16.07.2009

Pierre DE RONSARD-Mignonne, allons voir si la rose...-Note 133

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée

Et son teint au vôtre pareil.

 

Las! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las, las, ses beautés laissé choir!

O vraiment marâtre Nature,

Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir!

 

Donc, si m'en croyez, Mignonne,

Tandis que votre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse:

Comme à cette fleur, la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

Pierre de Ronsard (1524-1585)

13.07.2009

Armand SULLY PRUDHOMME-Le Vase Brisé-Note 132

Le vase où meurt cette verveine

D'un coup d'éventail fut fêlé;

Le coup dut l'effleurer à peine:

Aucun bruit ne l'a révélé.

 

Mais la légère meurtrissure,

Mordant le cristal chaque jour,

D'une marche invisible et sûre

En a fait lentement le tour.

 

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,

Le suc des fleurs s'est épuisé;

Personne encore ne s'en doute;

N'y touchez pas, il est brisé.

 

Souvent aussi la main qu'on aime,

Effleurant le coeur, le meurtrit;

Puis le coeur se fend de lui même,

La fleur de son amour périt;

 

Toujours intact aux yeux du monde,

Il sent croître et pleurer tout bas

Sa blessure fine et profonde;

Il est brisé, n'y touchez pas.

Sully Prudhomme (1839-1907)

07.07.2009

Guillaume APOLLINAIRE-Le Pont Mirabeau-Note 131

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

05.07.2009

Alfred de MUSSET-La nuit de décembre-Note 130

LE POETE

Du temps que j'étais écolier,

Je restais un soir à veiller

Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vint s'asseoir

Un pauvre enfant vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Son visage était triste et beau:

A la lueur de mon flambeau,

Dans mon livre ouvert il vint lire.

Il pencha son front sur ma main,

Et resta jusqu'au lendemain,

Pensif, avec un doux sourire.

 

Comme j'allais avoir quinze ans,

Je marchais un jour, à pas lents,

Dans un bois, sur une bruyère.

Au pied d'un arbre vint s'asseoir

Un jeune homme vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Je lui demandai mon chemin;

Il tenait un luth d'une main,

De l'autre un bouquet d'églantine.

Il me fit un salut d'ami,

Et, se détournant à demi,

Me montra du doigt la colline.

 

A l'âge où l'on croit à l'amour,

J'étais seul dans ma chambre un jour,

Pleurant ma première misère.

Au coin de mon feu vint s'asseoir

Un étranger vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Il était morne et soucieux;

D'une main il montrait les cieux,

Et de l'autre il tenait un glaive.

De ma peine il semblait souffrir,

Mais il ne poussa qu'un soupir,

Et s'évanouit comme un rêve.

 

A l'âge où l'on est libertin,

Pour boire un toast en un festin,

Un jour je soulevai mon verre.

En face de moi vint s'asseoir

Un convive vêtu de noir

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Il secouait sous son manteau

Un haillon de pourpre en lambeau,

Sur sa tête un myrte stéril.

Son bras maigre cherchait le mien,

Et mon verre, en touchant le sien,

Se brisa dans ma main débile.

 

Un an après, il était nuit;

J'étais à genoux près du lit

Où venait de mourir mon père.

Au chevet du lit vint s'asseoir

Un orphelin vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Ses yeux étaient noyés de pleurs;

Comme les anges de douleurs,

Il était couronné d'épines;

Son luth à terre était gisant,

Sa pourpre de couleur de sang,

Et son glaive dans sa poitrine.

 

Je m'en suis si bien souvenu,

Que je l'ai toujours reconnu

A tous les instants de ma vie.

C'est une étrange vision,

Et cependant, ange ou démon,

J'ai vu partout cette ombre amie.

 

Lorsque plus tard, las de souffrir,

Pour renaître ou pour en finir,

J'ai voulu m'exiler de France;

Lorsqu'impatient de marcher,

J'ai voulu partir, ou chetrcher

Les vestiges d'une espérance;

 

A Pise, au pied de l'Apennin;

A Cologne, en face du Rhin;

A Nice, au penchant des vallées;

A Florence, au fond des palais;

A Brigue, dans les vieux chalets;

Au sein des Alpes désolées;

 

A Gênes, sous les citronniers;

A Vevey, sous les verts pommiers;

Au Havre, devant l'Atlantique;

A Venise, à l'affreux Lido,

Où vient sur l'herbe d'un tombeau

Mourir la pâle Adriatique;

 

Partout où, sous ces vastes cieux,

J'ai laissé mon coeur et mes yeux,

Saignant d'une éternelle plaie;

Partout où le boiteux Ennui,

Traînant ma fatigue après lui,

M'a promené sur une claie;

 

Partout où, sans cesse altéré

De la soif d'un monde ignoré,

J'ai suivi l'ombre de mes songes;

Partout où, sans avoir vécu,

J'ai revu ce que j'avais vu,

La face humaine et ses mensonges;

 

Partout où, le long des chemins,

J'ai posé mon front dans mes mains,

Et sangloté comme une femme;

Partout où j'ai, comme un mouton,

Qui laisse sa laine au buisson,

Senti se dénuer mon âme;

 

Partout où j'ai voulu dormir,

Partout où j'ai voulu mourir,

Partout où j'ai touché la terre,

Sur ma route est venu s'asseoir

Un malheureux vêtu de noir,

Qui me ressemblait comme un frère.

 

Qui donc es-tu, toi que dans cette vie

Je vois toujours sur mon chemin?

Je ne puis croire, à ta mélancolie,

Que tu sois mon pauvre destin.

Ton doux sourire a trop de patience,

Tes larmes ont trop de pitié.

En te voyant, j'aime la Providence.

Ta douleur même est soeur de ma souffrance;

Elle ressemble à l'amitié.

 

Qui donc es-tu?-Tu n'es pas mon bon ange,

Jamais tu ne viens m'avertir.

Tu vois mes maux (c'est une chose étrange!)

Et tu me regarde souffrir.

Depuis vingt ans tu marches dans ma voie,

Et je ne saurais t'appeler.

Qui donc es-tu, si c'est Dieu qui t'envoie?

Tu me souris sans partager ma joie,

Tu me plains sans me consoler!

 

Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître.

C'était par une triste nuit.

L'aile des vents battait à ma fenêtre;

J'étais seul, courbé sur mon lit.

J'y regardais une place chérie,

Tiède encor d'un baiser brûlant;

Et je songeais comme la femme oublie,

Et je sentais un lambeau de ma vie

Qui se déchirait lentement.

 

Je rassemblais des lettres de la veille,

Des cheveux, des débris d'amour.

Tout ce passé me criait à l'oreille

Ses éternels serments d'un jour.

Je contemplais ces reliques sacrées,

Qui me faisaient trembler la main:

Larmes du coeur par le coeur dévorées,

Et que les yeux qui les avaient pleurées

Ne reconnaîtront plus demain.

 

J'enveloppais dans un morceau de bure

Ces ruines des jours heureux.

Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,

C'est une mèche de cheveux.

Comme un plongeur dans une mer profonde,

Je me perdais dans tant d'oubli.

De tous côtés j'y retournais la sonde,

Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,

Mon pauvre amour enseveli.

 

J'allais poser le sceau de cire noire

Sur ce fragile et cher trésor.

J'allais le rendre, et n'y pouvant pas croire,

En pleurant j'en doutais encor.

Ah! faible femme, orgueilleuse insensée,

Malgré toi, tu t'en souviendras!

Pourquoi, grand Dieu! mentir à sa pensée?

Pourquoi ces pleurs, cette gorge oppressée,

Ces sanglots, si tu n'aimais pas?

 

Oui, tu languis, tu souffres, et tu pleures;

Mais ta chimère est entre nous.

Eh bien! adieu! Vous compterez les heures

Qui me sépareront de vous.

Partez, partez et dans ce coeur de glace

Emportez l'orgueil satisfait.

Je sens encor le mien jeune et vivace,

Et bien des maux pourront y trouver place

Sur le mal que vous m'avez fait.

 

Partez, partez! la Nature immortelle

N'a pas tout voulu vous donner.

Ah! pauvre enfant, qui voulez être belle,

Et ne savez pas pardonner!

Allez, allez, suivez la destinée;

Qui vous perd n'a pas tout perdu.

Jetez au vent notre amour consummée;-

Eternel Dieu! Toi que j'ai tant aimée,

Si tu pars, pourquoi m'aimes-tu?

 

Mais tout à coup j'ai vu dans la nuit sombre

Une forme glisser sans bruit.

Sur mon rideau j'ai vu passer une ombre;

Elle vien s'asseoir sur mon lit.

Qui donc es-tu, morne et pâle visage,

Sombre portrait vêtu de noir?

Que me veux-tu, triste oiseau de passage?

Est-ce un vain rêve? Est-ce ma propre image

Que j'apperçois dans ce miroir?

 

Qui donc es-tu, spectre de ma jeunesse,

Pélerin que rien n'a lassé?

Dis-moi pourquoi je te trouve sans cesse

Assis dans l'ombre où j'ai apssé.

Qui donc es-tu, visiteur solitaire,

Hôte assidu de mes douleurs?

Qu'as-tu donc fait pour me suivre sur terre?

Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,

Qui n'apparais qu'au jour des pleurs?

 

LA VISION

-Ami, notre père est le tien.

Je ne suis ni l'ange gardien,

Ni le mauvais destin des hommes.

Ceux que j'aime, je ne sais pas

De quel côté s'en vont leurs pas

Sur ce peu de fange où nous sommes.

 

Je ne suis ni dieu ni démon,

Et tu m'as nommé par mon nom

Quand tu m'as appelé ton frère;

Où tu vas, j'y serai toujours,

Jusqu'au dernier de tes jours,

Où j'irai m'asseoir sur ta pierre.

 

Le ciel m'a confié ton coeur.

Quand tu seras dans la douleur,

Viens à moi sans inquiétude.

Je te suivrai sur le chemin;

Mais je ne puis toucher ta main,

Ami, je suis la Solitude.

Alfred de Musset (1810-1857)

 

 

 

 

 

04.07.2009

LETTRE A CELINE-3 juillet 2009-Note 133

Bonjour ma nièce!
 
J'ai bien reçu ton recueil de poèmes et je l'ai imprimé.
Avant de les commenter, je préfère m'imprégner de la globalité, car il me semble (je peux me tromper), qu'ils ne sont pas indissociables d'une pensée dominante.
J'y ai découvert Maman avec beaucoup d'émotion.
 
Simplement, dans l'ordre croissant de leur importance, voici trois premières réflexions:
-1) Soigne bien la ponctuation. Je ne comprends pas toujours le choix que tu en fais (à discuter ensemble, éventuellement). La ponctuation est aussi importante que les silences en musique. Elle permet la respiration et une meilleure compréhension du texte et son emploi est délicat ( ce n'est pas bon pour une personne de respirer trop fort ou pas assez...). Il y a des poètes qui ont banni la ponctuation et qui laissent au lecteur la liberté d'en décider lui-même. Pourquoi pas?
-2) Attention à l'abondance des mots abstrus. Elle ne doit pas donner l'impression d'une recherche intellectuelle du mot pour le mot. Pour moi, l'usage d'un mot ne doit être dicté que par l'absolue nécessité de son emploi pour traduire ce que l'on veut exprimer, par sa musicalité, aussi, ou pour les besoins de la rime. Regarde le poème de Verlaine que je viens de publier sur mon blog; quelle musique et quelle évocation, avec des mots tout simples et connus de tout le monde. Donc, pour moi, pas d'abus dans ce domaine. Je sais que Mallarmé, Paul Valéry ou Saint-John Perse écrivaient des poèmes abscons pour le commun des mortels; ils l'ont fait avec génie et je les adore, mais pour qui écrivaient-ils?
-3) Tu as un réel talent et j'ai le grand plaisir de découvrir une nièce très douée!!!
 

A bientôt!
Bisous pour vous tous,
Pierre

LETTRE A CELINE-1er juillet 2009-Note 132

Et bien oui, c'est tonton Pierre, tu vois, tout arrive dans la vie...
Merci de ton long message qui m'a intéressé et auquel je prendrai le temps de répondre par vagues.
 
Simplement quelques réflexions:
 
-Ne te préoccupe pas outre mesure des règles. Le guide essentiel est le coeur, ses sentiments et ses fantasmes. Bien des poètes ont bousculé les règles, les ont violées; ils nous ont laissé des oeuvres d'art éternelles.
Franz Liszt faisait des fausses notes en concert, pas Talberg, son rival (dont j'ai connu le fils, à plus de nonante ans).
Les puristes aiment à souligner les fautes d'harmonies d'Hector Berlioz.
Qui connaît encore le nom de ces puristes? Quant à Talberg, en parlerait-on encore, sans ses déboires devant la gloire de Liszt?
Ce que je recherche, dans toute forme d'art, est l'émotion et l'élévation; le fond ne doit pas être l'esclave de la forme.
 
-Tu parles des critiques littéraires, c'est une race que je déteste. Même Sainte-Beuve, qui fut de l'Académie française, n'arrive pas à la cheville de Victor Hugo dont il a tout envié, même la femme, Adèle. Cet homme, qui écrivait merveilleusement bien, n'a existé que dans l'ombre des génies qu'il dépeçait.
La critique est le refuge des ratés de l'art (sauf exceptions, comme Baudelaire ou Robert Schuman).
Donc, Céline, oublie les charognards et laisse toi aller à ton inspiration; le reste, la forme parfaite, éclora avec l'expérience, donc avec le temps.
 
-Quand aux sites de poésie, ces clubs de gens qui écrivent et se passent mutuellement de la pommade, je les ai consultés et ils me débectent.
Évidemment ton oncle est plutôt un solitaire, pour ne pas dire un sauvage.
Il m'intéresse seulement d'écrire dans mon blog, moyen pratique et facile de ne pas égarer ce que j'écris, pour mon plaisir et celui de quelques amis.
 
Bon, trêve de bavardages, je vais aller lire quelques uns de tes poèmes.
A bientôt,
Je t'embrasse,
Pierre

LETTRE A CELINE-30 juin 2009-Note 131

Bonsoir Céline,
 
J'ai lu avec intérêt le compte rendu de ton interview.
Je découvre avec plaisir une nièce qui s'adonne à la poésie.
Comment peut-on se procurer ton recueil?
 
Si tu en as envie, tu pourras lire, dans mon blog, les deux catégories:
Poésie
Anthologie de la poésie française (que je viens de commencer): http://propos.blogspirit.com
 
Cela me ferait plaisir de correspondre avec toi.
 
Bisous à vous quatre,
ton oncle,
Pierre

03.07.2009

BEETHOVEN-Symphonie n° 5-Note 130

Voici le premier mouvement de cette symphonie célèbre entre toutes, commencée en 1805 et achevée en 1808.

Au sujet du thème initial, formé de quatre notes, que vous n'aurez aucun mal à identifier, Beethoven fit ce commentaire:

" Ainsi frappe le destin à la porte".

Le génial sourd de Vienne savait de quoi il parlait...

Partie 1 http://www.youtube.com/watch?v=zhcR1ZS2hVo

Partie 2 http://www.youtube.com/watch?v=jDar-ycF5fE

Paul VERLAINE-Ariette oubliée 1-Note 129

C'est l'extase langoureuse,

C'est la fatigue amoureuse,

C'est tous les frissons des bois

Parmi l'étreinte des brises,

C'est, vers les ramures grises,

Le choeur des petites voix.

 

O le frêle et frais murmure!

Cela gazouille et susurre,

Cela ressemble au cris doux

Que l'herbe agitée expire...

Tu dirais, sous l'eau qui vire,

Le roulis sourd des cailloux.

 

Cette âme qui se lamente

En cette plainte dormante

C'est la nôtre, n'est-ce pas?

La mienne, dis, et la tienne,

Dont s'exhale l'humble antienne

Par ce tiède soir, tout bas?

Paul Verlaine (1844-1896)

01.07.2009

Stéphane MALLARME-Brise marine-Note 128

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.

Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai! Steamer balançant ta mâture,

Lève l'ancre pour une exotique nature!

 

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages

Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

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