01.08.2009
Marceline DESBORDES-VALMORE-LES SEPARES-Note 135
N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas!
N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous mêmes,
Ne demande qu'à Dieu...qu'à toi, si je t'aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas!
N'écris pas. Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peux la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas!
N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire:
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas!
(Marceline Desbordes-Valmore-1785-1859)
18:25 Publié dans Anthologie de la Poésie française | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
ce poème, je l'ai déja écrit sur un site, où je l'avais mis en poème d'honneur, est le plus beau poème d'amour qui soit écrit. Il est étonnament moderne. je l'avais présenté il y a fort longemps à un concours de diction. M D Valmore à l'époque n'était pas à la mode; Il est représentatif, tout comme la "Nuit des temps" de Barjavel, pour moi, le plus grand roman d'amour.
a l'heure du virtuel, il est vrai que " l'écriture" parle moins, écriture dans le sens caligraphie.
je suis toujours heureuse et fort malheureuse de lire ce beau poème, auquel s'attachent des souvenirs personnels.
Merci Pierre de nous l'avoir livré.
Ecrit par : den.hall | 01.08.2009
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