28.09.2009
LAST NEWS ABOUT FARIBA-Note 148
All Dear friends of Fariba
Fariba is in jail for around 40 days, she was in solitary confinement for one month, in a cell ,and she could only read the holy Quran during that one month.....Now,since last Sunday she is in a room with Ms.Hengameh Shaheedi.They have many "facilities"such as : refrigerator,TV..They can read some other books and buy some things...Anyway,till now,there is no clear reasons why she is in jail ,her lawyer Mr.Nemaat Ahmadi couldn't meet her,It seems she has to stay there at least for another 20 days ...
We ,as her family, have met her 2 times,last Monday and today (Monday is a common day for meeting with political prisoners in Evin Prison/section 209)....she is so sad, however she tries to pretend to be happy!! she expects that her friends write about her and her rights as a human/journalist.
Fariba is worried about her future. Fariba has had depression last year and she was under medication for 3-4 months,.Now ,in jail she takes 3-4 sedative tablets per day ....Her face is colorless/white....Her smiling face ,now cannot smile even for a moment...
Fariba's Family
22:45 Publié dans Informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.09.2009
FANTAISIE DE SCHUMANN-Note 147
Voici une des oeuvres les plus fascinantes de la musique romantique, la Fantaisie en Do majeur opus 17 de Robert Schumann. C'est ici l'enregistrement intégral de cette oeuvre, illustration magistrale du "Sturm und drang", qui nous attire dans l'univers onirique et démentiel du génial compositeur.
(Première partie) http://www.youtube.com/watch?v=EpvZ1l2CfTY
(Deuxième partie) http://www.youtube.com/watch?v=bpWN9L4fh1o
(Troisième partie) http://www.youtube.com/watch?v=ATr0-RmEaro
18:44 Publié dans Anthologie de la Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.09.2009
UN CONCERT A LA SALLE GAVEAU-Note 77
Nous étions, tous les quatre, mes deux sœurs, mon père et moi, ce week-end, à Paris. Ma mère était restée en vacances sur la Cote d'azur ; mon père avait dû revenir pour ses affaires et l’y laisser seule pendant quelques jours.
-Papa, Odette Robert a des places pour aller écouter, dimanche prochain, W... dans son récital à la Salle Gaveau. Es-tu d’accord d’y venir ?
-Oui, pourquoi pas ? Et, avant cela, nous irons déjeuner à la Reine Pédauque.
En quelques secondes était née la perspective d'un dimanche prometteur, au programme séduisant et bien ficelé.
Odette Robert était mon professeur de piano. Grande et belle femme brune, à la carrure superbe et à la poitrine généreuse, mais sans excès, cette juive d’origine ukrainienne en imposait par sa stature, sa voix sonore et surtout par son jeu profond, puissant et chaud, hérité de Saint-Saëns par son maître Isidor Philipp qui avait été l’élève et le collaborateur du grand compositeur.
Peu de pianistes trouvaient grâce à ses yeux, s’ils ne jouaient pas comme Sviastoslav Richter, Émile Gilels, emblèmes de l’école russe, ou comme les élèves d’Isidor Philipp, tels que Jeanne-Marie Darré ou Monique de la Bruchollerie. Le pianiste que nous allions écouter faisait partie de cette pléiade d’artistes fraîchement arrivés de Hongrie, suite à la révolution de 1956, et dont le plus célèbre fut György Cziffra.
La Reine Pédauque, pour la chair, et Gaveau, pour l’esprit, voilà qui présageait un dimanche de qualité et de jouissance artistique, tant gastronomique que musicale.
En réalité ce dimanche nous combla au delà de ce que nous avions imaginé.
Nous étions curieux de savourer les mets de ce haut lieux de la gastronomie parisienne dont la particularité était d’offrir, pour le même prix, le vin à volonté. Et quel vin ! En effet, à une extrémité de notre table, paradait une collection de magnums d’excellents crus bourguignons, des seigneurs, dont le Savigny-Les-Beaune n’était pas le moindre, et qui furent autant de défis aux disciples de Grandgousier et de Gargamelle que nous étions. La succulence des mets fut donc habilement soulignée par l’abondance et la noblesse du breuvage. Soulignée, que dis-je ? plutôt submergée serait un terme plus juste.
-Papa, il nous faut y aller, sinon nous serons en retard au concert.
Nous franchîmes dare-dare, à pied, pour aérer notre esprit envahi de brumes vineuses, les quelques centaines de mètres séparant la rue de la Pépinière de la rue de la Boétie et nous nous présentâmes, le plus dignement possible, à l’entrée de la salle Gaveau où nous attendait mon maître, détentrice des précieux billets.
A peine étions-nous assis, essoufflés et transpirants, que W... entrait en scène. Il commença par se mettre en condition avec quelques valses de Chopin, interprétant ensuite ses première et quatrième "Ballades ". Le clou de son programme était la "Fantaisie en ut majeur" de Schuman suivie d’une exécution magistrale de " Saint François de Paule marchant sur les eaux " de Franz Liszt . Le concert se termina par une toccata acrobatique de sa composition.
Le programme était tout ce qui pouvait me combler, surtout pour la Fantaisie de ce dément génial qui n’a jamais cessé de me fasciner.
(http://www.youtube.com/watch?v=EpvZ1l2CfTY)
Mon rêve cependant se transforma vite en cauchemar.
Dès la première ballade commencée, un ronflement sonore s’éleva crescendo, à coté de moi. Mon père était victime de la Reine Pédauque… Un coup de coude, dans les côtes, rétablit le silence religieux de l’assistance mélomane. Le Savigny-Les-Beaune étant cependant le plus fort, je passai tout le concert à sortir mon père de ses échappées digestives.
Nous invitâmes ensuite notre amie à venir passer la fin de la journée dans notre appartement de la rue des Batignolles. Nous nous installâmes au salon. Odette Robert s’assit devant mon Pleyel et refit tout le programme, à l’exception de la Toccata, en critiquant le jeu de ce pauvre W... avec la persuasion d’un maître rigoureux et sûr de son génie. Cette fois ci, mon père fut attentif, médusé par la musique, ému parfois jusqu’aux larmes, et quelque peu inquiet pour mon piano qu’il avait payé très cher et qui tremblait dangereusement sous les accords puissants de l’artiste.
La soirée se termina par une autre ripaille, chez l’écailler de la Place des Batignolles, digne point final à ce dimanche mémorable.
Il y eut cependant un « post scriptum » à cette page festive.
Quand elle fut de retour à Paris, ma mère apprit l’usage que nous avions fait de notre liberté, ce dimanche là. Elle entra dans une rage folle envers mon père, dans une scène de jalousie féroce, provoquée par la présence de la jolie et ardente pianiste invitée chez nous, en dehors de sa présence. Mes sœurs et moi, nous nous réfugiâmes dans nos chambres, mais les trompettes du jugement dernier retentissaient dans tout l’appartement. Mon pauvre père dut, ce soir là, se jurer que plus jamais on ne l’y reprendrait à se rendre à un concert, à la Salle Gaveau.
21:41 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2009
APPEL-NOTE 146
Appel à publier sur votre blog ou sur tout autre support médiatique:
Fariba Pajooh, jeune journaliste iranienne indépendante et bloggeuse reconnue, a été arrêtée chez elle à Téheran, le 24 août dernier, et transférée à la prison d’Evin dans la capitale iranienne, où elle est enfermée depuis, en cellule d’isolement.
Elle a écrit pour des journaux réformateurs, notamment Etemad-e Melli, et pour l'agence INLA. Elle était connue pour son indépendance et son ouverture d’esprit.
Elle est actuellement sous forte pression, pour tenter de lui faire avouer…..quoi ? Personne ne le sait.
Nous ne pouvons accepter cette situation où une femme, talentueuse et intelligente, est privée de liberté uniquement par ce qu’elle défend cette liberté d’expression, de presse et de pensée.
Nous demandons à nos instances politiques, nationales, européennes et internationales, de tout faire pour que Fariba Pajooh soit libérée, ou au moins entendue dans un procès équitable au cas où on aurait à lui reprocher quelque chose d’autre que sa vivacité d’esprit et son amour de la vérité.
17:00 Publié dans Informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ABOUT FARIBA-Note 145
Could you please write to the Iranian Embassy in your country about my friend, young journalist Fariba Pajooh, who fighted for her freedom of speech?
We received news from her family and we are able to inform you about her situation:
Tonight(18 th of Sep.) is 29th night that Fariba sits in solitary confinement.
If you wish write about her, you can write about her rights as a human being and as a journalist.
Free speech is a universal human right.....
1-why is she in jail ? There is no information about the reasons of her arrest or what she has been charged with. The judiciary have not released any information on her case.
2-why is she in solitary confinement ? only for putting pressure on her or...?
3-why can’t her family meet her?
4-why can her layer not meet her?
5-her room/cell in Evin Prison (section 209) has around 4-5 m2 area, with a very small window that opens to a hallway , she can’t talk loudly, she can’t read any book, nor listen to radio/watch TV...She can only read Holly Quran and pray!...Of course, she can cry in silence, sleep and also think a lot!!!!!
6-Fourtunately , in 209, no limitation for food and medical care...and as all people who were there say : there is no physical punishment in 209..this point is a very positive point for us...
16:01 Publié dans Informations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2009
Histoire de famille-Note 144
HISTOIRE D’UNE BRANCHE FRANCAISE DE LA FAMILLE MENDOZA
(Texte rédigé à la demande de ma famille équatorienne)
Mon grand-père, Felipe MENDOZA-COELLO, fils de Jose Angel Maria MENDOZA et de Maria de Jesus COELLO, était un planteur établi à VINCES, dans la région de GUAYAQUIL en EQUATEUR. Homme fortuné, il laissa, à sa mort, six plantations de cacao ou haciendas. On peut trouver une description de sa personnalité pour le moins exubérante, sur le site web de l’historien équatorien Rodolfo Perez PIMENTEL, http://www.ecuadorprofundo.com , qui explique comment cet homme puissant et violent, impliqué dans le meurtre d’un neveu (grand-père de George Mendoza avec qui je suis en contact), en vint à être appelé El CONDE MENDOZA , à l’époque de sa 3ème épouse, Rachel JANTEL ; il avait été marié auparavant à Concepción MORANTE et à Nicolassa CARRIEL ( ma grand-mère).
El Conde avait trois sœurs, Angelina, Anna et Alicia. Cette dernière épousa Carlos DE SUCRE y SOTOMAYOR, qui fut nommé, au début du XXème siècle, consul général de l’Equateur à Paris. Il vint s’y établir avec sa femme, ses deux belles-sœurs et leur mère, Maria de Jesus COELLO.
El Conde, désirant que ses enfants, René, Martha et Carlota, reçoivent une éducation française, les confia à la tribu parisienne De Sucre-Mendoza. Quand Carlota, ma mère, arriva à Paris, en 1908, elle n’avait que deux ans.
Toute cette famille vécut, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, une vie luxueuse et mondaine dans les riches quartiers de la capitale française ; leur dernier appartement était situé au 78, avenue Kléber, dans le 16ème arrondissement, entre l’Arc de Triomphe et la Tout Effel.
Les trois enfants d’El Conde reçurent une éducation à la française dans des écoles huppées, tout en pratiquant l’espagnol en famille. Ma mère, décédée à l’âge de 86 ans, n’avait jamais oublié sa langue maternelle qu’elle parlait à l’occasion, avec son très bel accent sud-américain.
Cette famille allait régulièrement faire des cures dans la ville thermale de Bagnoles de l’Orne, en Normandie, comme c’était la mode à l’époque. C’est là que ma mère, amie de vacances de mes oncle et tantes, rencontra, au bal du Casino, le jeune militaire en permission, Pierre BRUNEAU, qui devint son mari en 1925.
Bien que mon grand-père, Auguste Bruneau, de la moyenne bourgeoisie, fût ingénieur, notable à Bagnoles de l’Orne (il y a une rue Auguste Bruneau dans la station) et résidant avec sa famille à Paris, mon grand-père, FelippeMendoza, domicilié, quand il était en France, au Claridge, avenue des Champs Elysée, n’approuvait pas ce mariage qu’il trouvait indigne de sa fille et au dessous de son rang d’homme fortuné. Mon père était étudiant et sans situation.
Après le mariage de mes parents, mon grand-père retourna en Equateur pour ne plus revenir en France ; ma mère n’a jamais revu son père.
René Mendoza est le seul des trois enfants qui retourna vivre en Equateur. Martha est morte en France de la tuberculose ; chassée par sa famille, après avoir eu un fils, hors mariage, nommé Robert Mendoza, elle vivait dans le dénuement le plus complet.
Etant né au début de 1939, je me souviens de mes grands-tantes qui m’appelaient Pedrito et de mon grand-oncle Carlos qui avait sur son bureau une tête réduite d’indien dont les cheveux noirs atteignaient le plancher de la pièce. Je me souviens aussi d’une cousine de ma mère, Esperanza CARMIGNANI, grande et belle sud-américaine qui fut la maîtresse de Carlos GARDEL ; c’est pour elle que le célèbre chanteur composa le tango « Esperanza ». Je me souviens également du fils de Martha, Robert Mendoza qui vint habiter chez mes parents pendant la guerre.
En 1944, les allemands qui occupaient la France, rapatrièrent les membres du corps diplomatique. Carlos de Sucre, sa femme et ses deux belles-sœurs furent logés par l’occupant à l’Hôtel Ambassador, boulevard Haussmann. C’est là que je les ai vu pour la dernière fois, lors d’une mémorable séance d’adieux où l’enfant que j’étais fut baigné des larmes de ces tantes effondrées de nous quitter pour un avenir bien incertain. Le jour même ils furent dirigés sur Pau (dans les Pyrénées) d’où ils embarquèrent, plusieurs semaines plus tard pour l’Equateur.
Pensant revenir très vite en France, Carlos de Sucre confia l’appartement de l’avenue Kléber à mes parents qui vinrent s’y installer. C’est là que j’ai passé une partie de ma prime jeunesse, avec mes deux frères, Philippe et Jacques, et ma sœur Françoise. Plus tard, Carlos de Sucre, conscient qu’il ne reviendrait plus en France, demanda à mes parents d’expédier toutes leurs affaires laissées à Paris, robes chapeaux, manteaux de fourrures, documents, papiers et objets de famille, etc… Ma mère n’a jamais revu sa famille.
En 1945, mes parents divorcèrent.
Ma mère, faute de moyens, dut quitter l’appartement luxueux de l’avenue Kléber et commença une vie de difficultés financières avec la garde de ses trois enfants (Philippe était adulte et ne vivait plus avec nous).
En 1950 elle vint vivre en Belgique avec Jacques et Françoise. Là, elle accoucha d’une fille qui porte son nom, Josette Mendoza. Quant à moi, elle accepta que mon père, remarié, me prenne chez lui et s’occupe de mon éducation et de mes études.
En 1954, elle fut avisée de la mort de mon grand-père, Felipe Mendoza. Un avocat de Quito, maître ROJAS, lui proposa de s’occuper de ses droits moyennant une rétribution s’élevant à 50% de sa part ; elle refusa, et faute de moyens fut incapable de faire valoir ses droits et de recevoir son dû ; nous ignorons jusqu’à ce jour qui en bénéficia.
Je rejoignis ma mère et mes frères et sœurs en 1961, me mariai et m’établis à Bruxelles où je vis toujours.
Carlota Mendoza s’est éteinte le 18 août 1993, laissant ses enfants, Pierre, Françoise, Jacques et Josette. Philippe vivait en France.
Actuellement, les descendants de Felipe Mendoza, en Europe, sont :
-Philippe Bruneau (2 enfants : Véronique et Elisabeth qui, toutes deux ont des enfants).
-Pierre Bruneau (3 enfants : Caroline, Elodie et Thomas ; Caroline a 2 enfants).
-Françoise Bruneau, célibataire et sans enfants.
-Jacques Bruneau, décédé (2 enfants Valérie et Sandrine qui, toutes deux ont des enfants).
-Josette Mendoza (2 enfants, Philippe et Céline, qui tous deux, ont des enfants).
Quant à Robert Mendoza, nous avons perdu sa trace. Il s’est marié en France et vivait au Vésinet ; jusqu’à présent, mes recherches pour le retrouver n’ont pas abouti. Peut-être est-il retourné en Equateur.
Ce récit est basé sur mes souvenirs, ceux de ma soeur Josette qui a pu recueillir le récit que lui fit notre mère, sur du courrier de Carlos de Sucre en ma possession, ainsi que sur le résultat de recherches généalogiques en cours.
16:52 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.09.2009
Jehan RICTUS-LE REVENANT-Note 143
Le Revenant
I
Des fois je m’ dis, lorsque j’ charrie
À douète... à gauche et sans savoir
Ma pauv’ bidoche en mal d’espoir,
Et quand j’ vois qu’ j’ai pas l’ droit d’ m’asseoir
Ou d’ roupiller dessus l’ trottoir
Ou l’ macadam de « ma » Patrie,
Je m’ dis : — Tout d’ même, si qu’y r’viendrait !
Qui ça ?... Ben quoi ! Vous savez bien,
Eul’ l’ trimardeur galiléen,
L’ Rouquin au cœur pus grand qu’ la Vie !
De quoi ? Ben, c’lui qui tout lardon
N’ se les roula pas dans d’ beaux langes
À caus’ que son double daron
Était si tell’ment purotain
Qu’y dut l’ fair’ pondr’ su’ du crottin
Comm’ ça à la dure, à la fraîche,
À preuv’ que la paill’ de sa crèche
Navigua dans la bouse de vache.
Si qu’y r’viendrait, l’Agneau sans tache ;
Si qu’y r’viendrait, l’ Bâtard de l’ Ange ?
C’lui qui pus tard s’ fit accrocher
À trent’-trois berg’s, en plein’ jeunesse
(Mêm’ qu’il est pas cor dépendu !),
Histoir’ de rach’ter ses frangins
Qui euss’ l’ont vendu et r’vendu ;
Car tout l’ monde en a tiré d’ l’or
D’pis Judas jusqu’à Grandmachin !
L’ gas dont l’ jacqu’ter y s’en allait
Comm’ qui eût dit un ruisseau d’ lait,
Mais qu’a tourné, qui s’a aigri
Comm’ le lait tourn’ dans eun’ crém’rie
Quand la crémière à ses anglais !
(La crémièr’, c’est l’Humanité
Qui n’ peut approcher d’ la Bonté
Sans qu’ cell’-ci, comm’ le lait, n’ s’aigrisse
Et n’ tourne aussitôt en malice !)
Si qu’y r’viendrait ! Si qu’y r’viendrait,
L’Homm’ Bleu qui marchait su’ la mer
Et qu’était la Foi en balade :
Lui qui pour tous les malheureux
Avait putôt sous l’ téton gauche
En façon d’ cœur... un Douloureux.
(Preuv’ qui guérissait les malades
Rien qu’à les voir dans l’ blanc des yeux,
C’ qui rendait les méd’cins furieux.)
L’ gas qu’en a fait du joli
Et qui pour les muffs de son temps
N’tait pas toujours des pus polis !
Car y disait à ses Apôtres :
— Aimez-vous ben les uns les autres,
Faut tous êt’ copains su’ la Terre,
Faudrait voir à c’ qu’y gn’ait pus d’ guerres
Et voir à n’ pus s’ buter dans l’ nez,
Autrement vous s’rez tous damnés.
Et pis encor :
— Malheur aux riches !
Heureux les poilus sans pognon,
Un chameau s’ enfil’rait ben mieux
Par le petit trou d’eune aiguille
Qu’un michet n’entrerait aux cieux !
L’ mec qu’était gobé par les femmes
(Au point qu’ c’en était scandaleux),
L’Homme aux beaux yeux, l’Homme aux beaux rêves
Eul’ l’ charpentier toujours en grève,
L’artiss’, le meneur, l’anarcho,
L’entrelardé d’ cambrioleurs
(Ça s’rait-y paradoxal ?)
L’ gas qu’a porté su’ sa dorsale
Eune aut’ croix qu’ la Légion d’Honneur !
II
Si qu’y r’viendrait, si qu’y r’viendrait !
Tout d’un coup... ji... en sans façons,
L’ modèl’ des méniss’s économes,
Lui qui gavait pus d’ cinq mille hommes
N’avec trois pains et sept poissons.
Si qu’y r’viendrait juste ed’ not’ temps
Quoi donc qu’y s’ mettrait dans l’ battant ?
Ah ! lui, dont à présent on s’ fout
(Surtout les ceuss qui dis’nt qu’ils l’aiment).
P’têt’ ben qu’y n’aurait qu’ du dégoût
Pour c’ qu’a produit son sacrifice,
Et qu’ cette fois-ci en bonn’ justice
L’aurait envie d’ nous fout’ des coups !
Si qu’y r’viendrait... si qu’y r’viendrait
Quéqu’ jour comm’ ça sans crier gare,
En douce, en pénars, en mariolle,
De Montsouris à Batignolles,
Nom d’un nom ! Qué coup d’ Trafalgar !
Devant cett’ figur’ d’honnête homme
Quoi y diraient nos négociants ?
(Lui qui bûchait su’ les marchands)
Et c’est l’ Pap’ qui s’rait affolé
Si des fois y pass’rait par Rome
(Le Pap’, qu’est pus riche que Crésus.)
J’en ai l’ frisson rien qu’ d’y penser.
Si pourtant qu’y r’viendrait Jésus,
Lui, et sa gueul’ de Désolé !
II
Eh ben ! moi... hier, j’ l’ai rencontré
Après menuit, au coin d’eun’ rue,
Incognito comm’ les passants
Des tifs d’argent dans sa perrugue
Et pour un Guieu qui s’ paye eun’ fugue
Y n’était pas resplendissant !
Y n’est v’nu su’ moi et j’y ai dit :
— Bonsoir... te v’là ? Comment, c’est toi ?
Comme on s’ rencontr’... n’en v’là d’eun’ chance !
Tu m’épat’s... t’es sorti d’ ta Croix ?
Ça n’a pas dû êt’ très facile...
Ben... ça fait rien, va, malgré l’ foid,
Malgré que j’ soye sans domicile,
J’ suis content d’ fair’ ta connaissance
— C’est vraiment toi... gn’a pas d’erreur !
Bon sang d’ bon sang... n’en v’là d’eun’ tuile !
Qué chahut d’main dans Paris !
Oh ! là là, qué bouzin d’ voleurs :
Les jornaux vont s’ vend’ par cent mille !
— Eud’mandez : « Le R’tour d’ Jésus-Christ ! »
— Faut voir : « L’Arrivée du Sauveur !!! »
— Ho ! tas d’ gouapeurs ! Hé pauv’s morues,
Sentinell’s des miséricordes,
Vous savez pas, vous savez pas ?
(Gn’a d’ quoi se l’esstraire et s’ la morde !)
Rappliquez chaud ! Gn’a l’ fils de Dieu
Qui vient d’ déringoler des cieux
Et qui comme aut’fois est sans pieu,
Su’ l’ pavé... quoi... sans feu ni lieu
Comm’ nous les muffs, comm’ vous les grues !!!
— (Chut ! fermons ça... v’là les agents !)
T’entends leur pas... intelligent ?
Y s’ charg’raient d’ nous trouver eun’ turne.
(Viens par ici... pet ! crucifié.)
Tu sais... faurait pas nous y fier.
Déjà dans l’ squar’ des Oliviers,
Tu as fait du tapag’ nocturne ;
— Aujord’hui... ça s’rait l’ mêm’ tabac,
Autrement dit, la même histoire,
Et je n’ te crois pus l’estomac
De r’subir la scèn’ du Prétoire !
— Viens ! que j’ te r’garde... ah ! comm’ t’es blanc.
Ah ! comm’ t’es pâl’... comm’ t’as l’air triste.
(T’as tout à fait l’air d’un artiste !
D’un d’ ces poireaux qui font des vers
Malgré les conseils les pus sages,
Et qu’ les borgeois guign’nt de travers,
Jusqu’à c’ qu’y fass’nt un rich’ mariage !)
— Ah ! comm’ t’es pâle... ah ! comm’ t’es blanc,
Tu guerlott’s, tu dis rien... tu trembles.
(T’ as pas bouffé, sûr... ni dormi !)
Pauv’ vieux, va... si qu’on s’rait amis
Veux-tu qu’on s’assoye su’ un banc,
Ou veux-tu qu’on balade ensemble...
— Ah ! comm’ t’ es pâle... ah ! comm’ t’ es blanc,
T’ as toujours ton coup d’ lingue au flanc ?
De quoi... a saign’nt encor tes plaies ?
Et tes mains... tes pauv’s mains trouées
Qui c’est qui les a déclouées ?
Et tes pauv’s pieds nus su’ l’ bitume,
Tes pieds à jour... percés au fer,
Tes pieds crevés font courant d’air,
Et tu vas chopper un bon rhume !
— Ah ! comm’ t’ es pâle... ah ! comm’ t’ es blanc,
Sais-tu qu’ t’ as l’air d’un Revenant,
Ou d’un clair de lune en tournée ?
T’ es maigre et t’ es dégingandé,
Tu d’vais êt’ comm’ ça en Judée
Au temps où tu t’ proclamais Roi !
À présent t’ es comme en farine.
Tu dois t’en aller d’ la poitrine
Ou ben... c’est ell’ qui s’en va d’ toi !
— Quéqu’ tu viens fair’ ? T’ es pas marteau ?
D’où c’est qu’ t’ es v’nu ? D’en bas, d’en haut ?
Quelle est la rout’ que t’ as suivie ?
C’est-y qu’ tu r’commenc’rais ta Vie ?
Es-tu v’nu sercher du cravail ?
(Ben... t’ as pas d’ vein’, car en c’ moment,
Mon vieux, rien n’ va dans l’ bâtiment) ;
(Pis, tu sauras qu’ su’ nos chantiers
On veut pus voir les étrangers !)
— Quoi tu pens’s de not’ Société ?
Des becs de gaz... des électriques.
Ho ! N’en v’là des temps héroïques !
Voyons ? Cause un peu ? Tu dis rien !
T’ es là comme un paquet d’ rancœurs.
T’ es muet ? T’ es bouché, t’ es aveugle ?
Yaou... ! T’ entends pas ce hurlement ?
C’est l’ cri des chiens d’ fer, des r’morqueurs,
C’est l’ cri d’ l’Usine en mal d’enfant,
C’est l’ Désespoir présent qui beugle !
IV
— Ed’ ton temps, c’était comme aujord’hui ?
Quand un gas tombait dans la pure
Est-c’ qu’on l’ laissait crever la nuit
Sans pèz’, sans rif et sans toiture ?
— (Pass’ que maint’nant gn’a du progrès,
Ainsi quand gn’a trop d’ vagabonds
Ben on les transmet au Gabon.)
Ceux d’ bon gré et ceux d’ mauvais gré
Et ceuss comm’ toi qu’ont la manie
D’ trouver que l’ monde est routinier,
Ben on les fout dans l’ mêm’ pagnier.
(Dam ! le Français est casanier,
Faut ben meubler les colonies !)
— On parle encor de toi, tu sais !
Voui on en parle en abondance,
On s’ fait ta tête et on s’ la paie,
T’ es à la roue... t’ es au théâtre,
On t’ met en vers et en musique,
T’ es d’venu un objet d’ Guignol,
(Ça, ça veut dir’ qu’ tu as la guigne.)
— Ousqu’il est ton ami Lazare ?
Et Simon Pierre ? Et tes copains...
Et Judas qui bouffait ton pain
Tout en t’ vendant comme au bazar ?
Et tes frangins et ta daronne
Et ton dab, qu’était ben jean-jean !
Te v’là, t’es seul ! On t’abandonne !
— Et Mad’leine... ousqu’alle est passée ?
(Ah ! pauv’ Mad’leine... pauv’ défleurie,
Elle et ses beaux nénés tremblants,
Criant pitié, miaulant misère,
Ses pauv’s tétons en pomm’s d’amour
Qu’ étaient aussi deux poir’s d’angoisse
Qu’on s’ s’rait ben foutu dans l’ clapet.)
— C’était la paix, c’était la Vie.
Ah ! tout fout l’ camp et vrai, ma foi,
T’ aurais mieux fait d’ te mett’ en croix
Contr’ son ventr’ nu... contr’ sa poitrine,
Ces dardés-là t’euss’nt pas blessé,
Sûr t’aurais mieux fait... d’ l’embrasser :
A n’avait un pépin pour toi !
V
Ah ! Généreux !... ah ! Bien-aimé,
Tout ton monde y s’a défilé
Et comm’ jadis, au Golgotha :
Eli lamma Sabacthani,
Ou n, i, ni c’est ben fini.
Eh ! blanc youpin... eh ! pauv’ raté !
Tout ton Œuvre il a avorté
Toi, ton Étoile et ta Colombe
Déringol’nt dans l’éternité ;
Tu dois en avoir d’ l’amertume.
Même à présent quand la neig’ tombe :
(On croirait tes Ang’s qui s’ déplument !)
Là, là, mon pauv’ vieux, qué désastre !
Gn’en a pas d’ pareil sous les astres,
Et faut qu’ ça soye moi qui voye ça ?
Et dir’ que nous v’là toi z’et moi,
Des bouff-la-guign’, des citoyens
Qu’ ont pas l’ moyen d’avoir d’ moyens.
Et que j’ suis là, moi, bon couillon,
À t’ causer... à t’ fair’ du chagrin,
Et que j’ sens qu’ tu vas défaillir
Et que j’ai mêm’ rien à t’offrir,
Pas un verre... un bol de bouillon !
Ohé, les beaux messieurs et dames
Qui poireautez dans les Mad’leines,
Curés, évêques, sacristains,
Maçons, protestants, tout’ la clique,
Maqu’reaux d’ vot’ Dieu, hé ! catholiques,
Envoyez-nous un bout d’hostie :
G’na Jésus-Christ qui meurt de faim !
VI
— Et pourtant, vrai, c’ qu’on caus’ de toi !
(Ah ! faut voir ça dans les églises,
Dans les jornaux, dans les bouquins !)
Tout l’ monde y bouff’ de ton cadavre
(Mêm’ les ceuss qui t’en veul’nt le plus !)
Sous la meilleur’ des Républiques
Gn’en a qu’ ont voulu t’ décrocher,
D’aut’s inaugur’nt des basiliques
Où tu peux seul’ment pas coucher.
— Et tout ça s’ passe en du clabaud !
Et quand y faut payer d’ sa peau,
Quand faut imiter l’ Fils de l’Homme,
Oh ! là, là, gn’a rien d’ fait... des pommes !
Les sentiments sont vit’ bouclés,
À la r’voyure, un tour de clé !
Les uns y z’ont les pieds nick’lés,
Les aut’s y les ont en dentelles !
— (Toi au moins t’ étais un sincère,
Tu marchais... tu marchais toujours ;
(Ah ! cœur amoureux, cœur amer)
Tu marchais mêm’ dessur la mer
Et t’ as marché... jusqu’au Calvaire !)
— Et dir’ que nous v’là dans les rues
(Moi, passe encor, mais toi ! oh ! toi !)
Et nous somm’s pas si loin d’ Noël ;
T’es presque à poils comme autrefois,
Tout près du jour où ta venue
Troublait les luisants et les Rois !
Ah ! mes souv’nirs... ah ! mon enfance
(Qui s’est putôt mal terminée),
Mes ribouis dans la cheminée,
Mes mirlitons... mes joujoux d’ bois !
— Ah ! mes prièr’s... ah ! mes croyances !
— Mais ! gn’a donc pus rien dans le ciel !
— Sûr ! gn’a pus rien ! Quelle infortune !
(J’ suis mêm’ pas sûr qu’y ait cor la Lune.)
Sûr ! gn’a pus rien, mêm’ que peut-être
Y gn’a jamais, jamais rien eu...
VII
Mais à présent... quoi qu’ tu vas foutre ?
Fair’ des bagots... ou ben encor
Aux Hall’s... décharger les primeurs !
(N’ va pas chez Drumont on t’ bouff’rait)
Après tout, tu n’étais qu’un youtre !
— Si j’ te servais tes Paraboles !
Heureux les Simpl’s, heureux les Pauvres,
Eul’ Royaum’ des Cieux est à euss.
— (C’est avec ça qu’on nous empaume,
Qu’on s’ cal’ des briqu’s et des moellons)
Ben, tu sais, j’ m’en fous d’ ton Royaume ;
J’am’rais ben mieux des patalons
Eun’ soupe, eun’ niche et d’ l’amitié.
(Car quoiqu’ t’ ay’ ben fait ton métier
Toi, ton grand cœur et ta pitié,
N’empêch’nt pas d’avoir foid aux pieds !)
— Ainsi arr’gard’ les masons closes
Où roupill’nt ceuss’ qui croient en Toi.
Sûr qu’ t’es là, su’ des bénitiers
Dans les piaul’s... à la têt’ des pieux ;
Crois-tu qu’un seul de ces genss’ pieux
Vourait t’abriter sous son toit ?
VIII
Ah ! toi qu’on dit l’Emp’reur des Pauvres
Ben ton règne il est arrivé.
Tu d’vais r’venir, tu l’as promis,
Assis su’ ton trône et « plein d’ gloire »
Avec les Justes à ta droite ;
Et te v’là seul dans la nuit noire
Comm’ un diab’ qu’est sorti d’ sa boîte !
Sais-tu seul’ment où est ta gauche ?
Oh ! voui t’es là d’pis deux mille ans
Su’ un bout d’ bois t’ouvr’ tes bras blancs
Comme un oiseau qu’ écart’ les ailes,
Tes bras ouverts ouvrent... le ciel
Mais bouch’nt l’espoir de mieux bouffer
Aux gas qui n’ croient pus qu’à la Terre.
Oh ! oui t’es là, t’ouvr’ tes bras blancs
Et vrai d’pis Y temps qu’on t’a figé
C’ que t’en as vu des affligés,
Des fous, des sag’s ou des d’moiselles
Combien d’ mains s’ sont tendues vers toi
Sans qu’ t’aye pipé, sans qu’ t’aye bronché !
Avoue-le va... t’ es impuissant,
Tu clos tes châss’s, t’ as pas d’ scrupules,
Tu protèg’s avec l’ mêm’ sang-froid
L’ sommeil des Bons et des Crapules.
Et quand on perd quéqu’un qu’on aime,
Tu décor’s, mais tu consol’s pas.
Ah ! rien n’ t’émeut, va, ouvr’ les bras,
Prends ton essor et n’ reviens pas ;
T’ es l’Étendard des sans-courage,
T’ es l’Albatros du Grand Naufrage,
T’ es le Goëland du Malheur !
IX
Quiens ! ôt’-toi d’ là et prends ta course,
Débin’, cavale ou tu vas voir,
Aussi vrai qu’ j’ai un nom d’ baptême
Et qu’ nous v’là tous deux dans la boue,
Aussi vrai que j’ suis qu’eun’ vadrouille,
Un bat-la-crève, un fout-la-faim
Et toi un Guieu magasin d’ giffes.
Ej’ m’en vas t’ buter dans la tronche,
J’ vas t’ boulotter la pomm’ d’Adam,
J’ m’en vas t’ rincer, gare à ta peau !
En v’là assez... j’ m’en vas t’ saigner.
J’ai soupé, moi, des Résignés
J’ai mon blot des Idéalisses !
— Arrière, arrièr’, n’ va pas pus loin !
Un moment vient où tout s’ fait vieux,
Où les pus bell’s chos’s perd’nt leurs charmes :
(Oh ! v’là qu’ tu pleur’s, et des vraies larmes !
Tout va s’écrouler, nom de Dieu !)
— Ah ! je m’ gondole... ah ! je m’ dandine...
Rien n’ s’écroule, y aura pas d’ débâcle ;
Eh l’Homme à la puissance divine !
Eh ! fils de Dieu ! fais un miracle !
X
— Et Jésus-Christ s’en est allé
Sans un mot qui pût m’ consoler,
Avec eun’ gueul’ si retournée
Et des mirett’s si désolées
Que j’ m’en souviendrai tout’ ma vie.
Et à c’ moment-là, le jour vint
Et j’ m’aperçus que l’Homm’ Divin..
C’était moi, que j’ m’étais collé
D’vant l’ miroitant d’un marchand d’ vins !
On perd son temps à s’engueuler...
(Jehan Rictus-1867-1933-Les Soliloques du Pauvre)
11:01 Publié dans Anthologie de la Poésie française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2009
Gérard de NERVAL-EL DESDICHADO-Note 142
Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du tombeau, toi qui m'a consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.
Suis-je Amour ou Phébus, Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...
Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron:
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
(Gérard de Nerval-1808-1855)
18:09 Publié dans Anthologie de la Poésie française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.09.2009
Paul FORT-L'HORIZON IMPREVU-Note 141
Que tu sais plaire au coeur en abusant les
yeux, air vaporeux et fin de mon Ile-de-France!
Tour à tour allongeant, rapprochant les distances,
de nouveaux horizons tu me rends amoureux.
Follement amoureux, hier je le dus être-
villageois à mon gré, je ne suis pas un rustre-
Lorsque guettant l'aurore je vis de ma fenêtre,
sous des nues en vélum, surgir Paris illustre.
L'Arc de Triomphe ouvrait sa tonnelle aux
abeilles, les Invalides aux bourdons leurs boutons
d'or, le Panthéon sa ruche aux abeilles encore, et
la Tour devenue un rayon du soleil
honorait à la fois mon verre et ma bouteille.
(Paul Fort-1872-1960)
Ce poème est tiré de "La Tristesse de l'Homme", dans la collection des "Ballades Françaises".
20:56 Publié dans Anthologie de la Poésie française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



